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Le chien, le chat et le renard

Participation au concours Moodvember 2025 de GLP éditions (instagram)

Dans une campagne tranquille, vivait un jeune chien ;

Ce dernier venait d’un grand linéage de chasseur.

Il vivait dans la candeur de la jeunesse et ne s’inquiétait de rien.

Il s’amusait avec sa fratrie et faisait des siestes de plusieurs heures.

Sa demeure était grande et les jardins emplis de mille secrets à saisir.

Une vraie vie de petit prince partagée entre jeux et rires.

Mais le petit chien avait un vilain défaut, typique de cet âge,

Il était atteint de ce mal de jeunesse : l’avidité du neuf et de se précipiter.

Bien que gentil, le petit n’était clairement pas le plus sage.

Réfléchir demandait du temps et l’écureuil, là-bas, ne va pas s’éterniser.

Il est sûr qu’il ne recevrait pas le prix du plus calme des petits.

Peut-être celui de la camaraderie. 

 

Le temps de la chasse avait débuté,

L’entièreté de la meute était de la partie.

Seul les petits et leurs mères restaient 

En sûreté au sein des limites de leur prairie.

Le petit chien ne cessait de guetter, 

Le cri du rappel et regarder les chasseurs rentrer.

C’était un défilé millimétré,

Que le petit regardait émerveillé.

En premier, les chiens de chasse bien sûr,

Puis viennent les chevaux géants gracieux, mais un peu vaniteux.

Suivent les instruments chantant au rythme des chaussures.

Terminant la marche, les prises des valeureux.

Le petit était fasciné par cette marche rituelle.

Il avait hâte d’être parmi eux à marcher au rythme perpétuel.

Chaque nuit, il demandait aux chasseurs de lui narrer 

Leurs aventures sur les terres extérieures. 

Après un cycle lunaire, seul le père du petit persévérait.

Il aimait l’ardeur du jeune rêveur.

Cela lui rappelait sa jeunesse. 

Et sa hardiesse !

Cela lui avait permis de devenir le chef de meute et le meilleur.

Ce petit était de sa trempe et serait le successeur. 

 

Chaque matin, la mère se fatiguait à retenir l’héritier.

Lui, tentait de suivre la meute afin de vivre enfin l’aventure.

Mais il n’échappait jamais à sa filature.

“Tu es petit et fragile. Tu les retarderais et tu te blesserais.”

“Ce n’est pas ce que veulent tes parents.”

“Je sais que tu as hâte, mais il faut du temps.”

“Chasser est un art qui demande un apprentissage.”

“Se jeter tête la première et tu impacteras l’ensemble de l’élevage.”

 

Mais le pauvre petit était si impatient.

Lui aussi désirait vivre ces instants.

Chaque cycle diurne à rester là était une perte de temps.

Il ne désirait qu’être un chasseur puissant.

Tel que ses parents.

Prendre la relève et être parmi les grands.

Il s’entraînait seul en rythme avec les instruments.

Il épiait aussi sa maman

Et tentait de la surprendre en sautant.

Il devait être plus rapide, plus discret, plus patient.

Afin de finir premier de l’entraînement.

Il pensait qu’il serait le meilleur, le grand gagnant.

Que l’ingénu est désarmant.

Penser ainsi est l’apanage des enfants.

Naïveté qui s’use au fil des ans.

 

Ce que préférait le jeune canidé, à part ses entraînements secrets,

C’était quand sa mère leur narrait des événements passés.

Il s’installait avec sa fratrie bien au chaud sur le lit.

Leur mère s’étirait puis prenait ce timbre suave qui apaise les petits.

Tient, d’ailleurs, 

C’est l’heure ! 

Venez, venez, elle débute le récit !

Qu'y a-t-il ? La fable ? Plus tard, plus tard ! Il n’y a pas le feu,

Je peux reprendre plus tard ! Venez, ne ratez pas ceci !

Elle est une narratrice de talent ! Un plaisir vraiment délicieux !

 

<< Cet événement s’est passé quand le grand-père de papa était enfant.

A cette date, chevaux et chiens étaient pires que des ennemis, se détestant.

Sans cesse à se gêner durant la chasse, créant des accidents.

Les maîtres étaient en furies et se fâchaient régulièrement.

Mais les chevaux jugeaient les chiens bruyants et sanglants.

Tandis que la meute les traitaient de pimpants méprisants.>>

 

L’un des petits s’exclama que ce n’était pas respectueux.

La mère le rassura, s’était il y a des années.

Les mentalités étaient très différentes et la guerre était vivace entre eux.

Un petit lui demanda ce qui les avait fait changer.

La mère, patiente, lui dit qu’il suffisait de suivre le récit.

Le silence, enfin, se fit :

 

<< Le grand-père de papa, lui, n’était qu’un petit. 

Il était chétif et terriblement peureux.

Un bruit strident, une branche tapant sur la vitre… l’univers n’était que danger à ses yeux.

Il refusait d’aller au-delà de la tanière car il craignait que quelqu’un attente à sa vie.

Sa mère était jeune et peu expérimentée.

Aussi, au lieu de l’inviter à lutter avec sa peur, elle le défendait.

Les autres enfants gambadaient déjà mais lui restait caché dans le lit.

Une nuit de tempête, il tremblait et hurlait à chaque bruit.

Il criait tant que chaque membre de la meute était éveillé.

Et de très mauvaise humeur. Mais aucune menace, aucune caresse ne le calmait.

De fureur, le chef de meute attrapa le pauvre effrayé et lui dit :

“Si tu ne te tais pas, je te jette à la tempête ! tu seras interdit d’entrer !”

L’apeuré essaya de retenir sa terreur. Mais la tempête refusait de s’apaiser.

Elle ne faisait que s’intensifier. Faisant apparaître des figures menaçantes

Le craintif finit par se remettre à pleurer. Le chef appliqua sa sentence.

Il fit un magnifique arc-de-cercle à travers la nuit et finit les fesses dans la vase.

Il sauta bien vite sur ses pieds et grattait à l'entrée de manière suppliante.

Mais aucun ne vint le laisser passer. Il devait passer la nuit seul, dans la repentance.

Il pleura l’ensemble des larmes qu’il avait. Puis décida de reprendre sa vie à la base.

Il ne pleurerait plus jamais et ne serait plus appelé le pleurnichard.

Mais la hardiesse ne suffit pas. Car la tempête n’était pas finie et le blizzard…

Bzzz… un temps digne d’un hiver siberien ! La pluie se changeait en neige à présent !

Il devait s’abriter. Il se rappela les chevaux et se précipita, jusqu’à l'écurie.

Il parvint à entrer après des minutes à lutter, pauvre enfant.

Il avança lentement puis se laissa glisser par terre, il avait réussi !

Épuisé, ses yeux se fermaient déjà quand un bruit le fit sursauter.

Un cheval l’avait entendu entrer et avait tapé sa stalle. Il dit : "Que fait un chien puant ici.”

Le petit se mit à balbutier.

Le regard du grand mammifère s'attendrit. Il l’invita à entrer.

”Tu peux rester dans l’écurie. Viens l’ami.”

Le petit ne se fit pas répéter.

La stalle avait un lit agréable. L’immense bête s’étendit et le réchauffa.

“Pauvre petit”. Se disait le cheval. “Ce n’est pas ainsi qu’un enfant apprendra.”

Le cheval lui dit : “S’il refais ça, viens ici.”

“Les petits peuvent être terrifiés et pleurer. Cela fait partie de l’apprentissage de la vie.”

Le petit chien et le cheval devinrent de grands amis.

Le grand mammifère l’aida à s'entraîner et il devint le meilleur de sa fratrie.

C’est grâce à cette étrange aventure que chevaux et chiens s’entendent ainsi.

Ils chassent en étant unis.>>

 

Quelle merveilleuse narratrice ! Presque meilleure que je ne le suis…

Je plaisante évidemment. Aucun ne peut être d’un tel gabarit.

La mère est d’une grande sagesse.

Expérimentée, elle avait déjà eu bien des petits.

Du plus surexcité, au titulaire du maître de la paresse.

Elle n’était pas seule dans sa tâche, car ils grandissaient auprès des chevaux.

Ensemble, ils élevaient leurs petits dans l’entente et l’empathie.

Quelle vie facile et agréable à paresser dans cette prairie sans défaut.

Mais il est temps de reprendre le récit de ce petit curieux,

Qui désirait tant être un chasseur valeureux.

 

Ainsi vivait-il parmi les siens. Sans nuage ni chagrin.

Mais le petit canidé vivait un bien grand drame,

Celui qui pèse sur l'âme. 

Le terrible, le vicieux pernicieux qui se glisse dans le trin-trin ; 

Cet ennemi de la sagesse,

Ce maux de bien des enfants mais aussi des plus grands.

Je ne parle pas de la paresse 

Mais de l’un de ses frères ; l’affreux et malfaisant :

Ennui.

Qu’il est terrible de le ressentir ! Juste à le dire, je frémis.

 

D’aucun me dirait : “mais qu’il y a t-il de si mal dans l’ennui ?

C’est avec lui que naît les idées, l’art et la créativité !”

Il est vrai mais il est aussi le père de l’erreur, du danger et des mauvais paris. 

De ceux qui peuvent changer une vie.

Et aller de mal en pis.

L’ennui détruit plus qu’il ne créait. 

Chaque parent devrait mettre ses enfants en garde de ce danger.

Car il est pris sur un air léger.

Jusqu’à l’instant fatidique,

Mais la fin est déjà tragique. 

La famille mettra le deuil,

Car l’ennui à franchit le seuil

Et emmenait dans ses griffes

L’enfant bien naïf.

 

Ainsi l’ennui s'insinue dans l’esprit du petit sacripant. 

Juste de temps en temps, 

Durant ces quelques instants

Quand le temps se suspend 

Il ressentait cet étrange sentiment

Si étrange mais aussi surprenant,

Qui lui disait de prendre la clé des champs.

Il n’aurait aucune limite et cavalerait librement.

 

Ainsi cher lecteur, maintenant tu saisis le danger.

Ce petit être turbulent est une cible facile de l’ennemi.

Je reprends à présent le récit.

Le jeune chien débutait cette matinée,

Il était heureux parmi les siens. 

Naïf qu’il était, ne craignant rien.

Le petit chien se baladait avec sa fratrie,

Quand un étrange bruit le surprit.

Il marcha par là puis par ici,

Tentant de repérer qui criais ainsi.

Il s’avança vers la barrière et repéra le bruit.

Au-delà des limites, il distingua une masse qui émettait des cris.

En plissant les yeux, il vit un pelage sale et gris.

 

Le petit chien héla l’étranger :

“Tu t’es fais mal ? Il faut venir t’aider ?”

Un cri déchirant lui parvint.

Le petit chien regarda derrière lui en quête de sa mère,

Mais elle était près de sa tanière.

Il l’appela en vain.

Regardant vers l'extérieur la pauvre bête,

Les règles défilaient dans sa petite tête.

 

“Que faire ? Mais que faire ?” se répétait-il en regardant devant et derrière.

Un énième cri le tira de ses pensées, il aperçut l’un de ses frères.

Il l’appela et lui indiqua la masse gémissante plus bas.

“C’est à l'extérieur. Tu sais la règle. Quelqu’un viendra l’aider.”

Le petit chien n’était pas sûr que s’était juste : “Maman l’aiderait.”

“Peut-être mais tu n’es pas maman. Il ira bien, t’inquiète pas.”

Pas très sûr, il regarda l’autre repartir. 

Il aurait mieux fait de le suivre et partir.

Mais le petit chien était curieux. Le vilain défaut.

Il se glissa entre deux planches et parvint à passer. 

Directement, le nez du chasseur fut surchargé de l’air printanier.

Il ne savait plus s’il devait avancer.

Mais la masse gémissante s’agita. 

Le petit chien sauta un talus et s’avança.

“Hey ! Tu es là ?”

“Qu’est ce qui ne va pas ?”

 

La petite masse s’agita et se redressa.

Le petit canidé était naïf et jamais la peur ne vint.

Il vit un museau puis des vibrisses, c’était un chat !

En bien piteux état. Amaigri et sale. Le félin ne faisait pas le malin.

Il n'était pas bien grand mais élancé. 

Il était brun, ses yeux jaunes et l’une de ses pattes était piégé !

“Tu t’es fait attraper ! Attends, je peux t’aider.”

Le canidé se pencha sur l’arme de fer, il en avait déjà vu et savait les désarmer.

Avec adresse, il libéra la patte du chat.

Qui le remercia :

 

“Merci, merci p’tit gars ! Cela fait des heures que j’suis là !

Aucune âme charitable ne venait, je pensais dépérir ici bas !

Mais tu es apparu,”

Petit ingénu !

Je te suis redevable, que peut faire ce vieux chat ?”

“Je ne veux rien, vénérable.”

“J’y tiens p’tit, tu as sauvé ma vie et je ne suis pas un rat !”

“Ta survie est déjà un présent inimaginable.”

 

Le petit chien regarda vers la palissade de chez lui.

Le vieux chat plissa ses yeux futés et saisit.

“Tu vis dans cette grande demeure ?”

“C’est là que je suis né et que j’ai passé mes heures.”

“Tu ne l’as jamais quitté ?”

“Jamais.”

“Suis l’vieux chat ! Il va te guider.”

“Je devrais rentrer… Maman va s’inquiéter”

Le petit canidé hésita.

Le chat remua sa patte et le rassura :

“Je te ramènerai avant la nuit, elle n’en saura rien !

Allez suit l’vieux chat, tu te sentiras bien !

Aucun risque avec le chat brun qui te guide.”

Le petit chien finit par accepter, le pauvre candide.

 

Après un dernier regard vers chez lui, il suivit l’ancien.

Le jeune chien et le vieux chat faisaient une étrange paire.

L’ainé avançait lentement et s’appuyait sur le jeune partenaire.

Sa patte n’était pas cassée mais avait bien saigné, se n’était rien.

“Il avait vécu pire !” S'esclaffa-t-il amusé. 

Les marques sur sa peau en étaient la preuve. Il allait vivre quelques années.

Le vénérable lui parlait de ces aventures pendant qu’ils marchaient.

Le petit avait un éclat dans les yeux,

De celui qui avale candidement ce qu’il disait.

Le chat le savait et exagérait quelque peu.

 

Il lui relata quelques unes de ses fabuleuses aventures,

Il aurait été un maître en littérature.

De ceux qui n’écrivent que des succès, 

Classé premier des ventes dès qu’il est publié.

Le récit était si clair et épique, 

Que le récit semblait danser dans les airs.

Le jeune était fasciné et s'imaginait vivre devenir aussi magnétique.

Lui aussi narrerait quel chien vaillant il serait.

Se battant face aux méchants et aidant les plus petits. 

Quelle vie de chien, il s’y imaginait !

Distribuer aux plus démuni,

Piller les plus aisés !

C’était cela qu’il désirait devenir !

Un fier guerrier, un humble sauveur, un brave chevalier.

Le petit en était persuadé : c’était là l’avenir !

Le sien, il le savait !

 

“Dis, vieux chat, peux-tu m’apprendre à être ainsi ?”

“Ainsi ? Que veux-tu dire ?” s’exclama le félin.

“Je veux être aussi puissant et sage que tu l’es.” Déclara le chien.

Le chat rit et lui dit : “Je ne suis ni l’un ni l’autre, p’tit !

Je ne suis qu’un bêta qui à fait fit des avertissements,

Regarde ce que j’suis à présent !

Un vieux chat blessé et presque défiguré !”

“Je ne le pense pas. Tu as suivi ta vaillance et sauvé des gens !

Cela demande de l’audace et de la valeur ! C’est parfait !

Elles ne devraient pas être un regret mais bien l'étendard de tes hauts-faits !

Chacun devrait entendre ce récit, afin d’être l’exemple de ses futurs enfants !”

Le chat feignit l’embarra en se cachant derrière sa queue.

Mais le chat bien vaniteux,

N’allait pas refuser d’être ainsi encensé.

Qui n’a jamais aimé être acclamé ?

 

Aussi, après mainte et mainte suppliques du jeune chien.

Le chat accepta de lui relater un passage de sa vie sur le chemin :

 

“J’étais un p’ti chat, plus p’tit que tu ne l’es.

Le plus p’tit bébé chat qui ait jamais existé.

Mais j’avais déjà été jeté à la rue.

La maîtresse me traitait de rachitique. Invendable et indigne de survie.

Mieux valait se débarrasser du p’tit défectueux, avant qu’il ait été vu.

Tant mieux ! Je n’aurai pas à passer ma vie asservie !

Mais j’avais de la trempe à défaut d’être grand. J’étais un p'tit futé.

Je savais que je devais me dénicher une planque et vite fait !

C’est la même depuis quinze ans !

Avant y’avait d’autres gens.

Les chats des rues l’appellent : l’antre du seigneur des pillards.

C’est vrai qu’ils étaient de sacrés gaillards.

La cachette est partagée mais pas les repas !

Les vieux enseignent l’art aux p’tis débutants.

J’suis devenu le meilleur grappineur en un rien de temps !

C’est le nerf de la guerre quand tu vis par ici. Si tu n’manges pas, quelqu’un t’mangera ! C’est facile, suffit d’être agile et de saisir les aubaines.

Ca et jamais grappiner sans repérer les lieux !

La fuite est un art essentiel si tu veux d’venir un vieux.

J’en ai vue des minettes hautaines !

A ça t’ prend de haut, pis ça pleure quand ça s'fait attraper !

L’vieux chat, il ne s'est jamais fait pincer.

Retiens bien ça gamin. Être le plus beau ça ne sert à rien.

Si tu réfléchis pas. Tu te feras prendre et là, fini ! La fin des fins. Terminus.. Plus rien.

Penser avant d’agir. C’est ça le vrai secret de la survie.

Prépare l’entrée, le spectacle et le départ. Car le chat à pas neuf vies.

Et les p’tits canidés aussi.

Vivre sans regret et laisser sa trace ici.”

 

Satisfait de cette petite tirade, le chat le mena jusqu’à sa tanière,

Là s’y empilait ses succès qui reflétaient sa carrière.

Le jeune sautait d’un sujet au suivant,

Il parlait si vite que le chat n'arrivait plus à en placer une.

Le vénérable finit par émettre un cri strident

En s’étalant sur le duvet plumeux :

“Tu demandes et demandes, je ne peux plus en endurer aucune !!”

Le gamin qui remuait la queue étant si heureux ;

S’arrêta net et se fit plus petit.

Le chat s’apaisa et rit.

Il tapa le duvet et le chien s’assit près de lui.

L’ancien lui fit un récit : 

“J’suis ptet pas né ici mais je crèverai ici.

Certains butins ne m’appartiennent pas.

Ils viennent des autres chats errants et de ceux d’avant.

Ici, c’est battit des années de récit ;

Transmit des adultes aux enfants.

J’en suis le seul gardien à présent.

Ne verse pas d’larmes ! C’est l’rythme d’la vie.

Tu en fais partie aussi.

Chaque être vivant y participe, chacun à sa manière.

Cette aventure ne sera pas ma dernière.”


 

Le petit chien fut émue,

Mais il retint ses larmes, petit ingénu.

Le vieux chat en fut presque attendri.

Mais il avait un plan.

S’y tenir était le plus urgent.

Il s’étira et s’étendit.

Après plusieurs heures à discuter,

Leurs ventres vinrent à crier famine.

Il était l’heure de manger !

Mais le vieux chat n’avait rien. Il avait une petite mine.

“Je sais !” S’exclama le chien.

“Je peux aller chercher à manger !” Il sauta sur ses pattes avec entrain.

“Rien de dangereux ?” 

“Ne t’inquiète pas ! Le repas sera généreux !”

Le chat se lécha les babines car il n’avait pas mangé depuis un certain temps.

Le plan était en marche, il sentait déjà le fumet appétissant.

 

Le petit canidé fila rapidement.

Le chat était patient,

Et était certain que l’ingénu reviendrait.

Il ne fallut pas une heure au chien,

Il revient avec un vrai festin !

Le chat n’avait jamais vu autant de denrée.

La bave menaçait de s’échapper de ses babines.

Il dût faire le calme dans cet esprit ;

Puis dit : 

“Tu as ramené à manger en quantité ! Tu es le maître des rapines !”

Le chien en piqua un fard,

Qui fit rire le vieil avare.

Il devait à présent passer à l’étape deux du plan.

Il renifla les mets puis déclara : 

“J’ai une idée ! Peux-tu aller chercher de l’eau dans le champ ?”

“Bien sûr.” Dit le cadet : “Je reviens !” Il prit l’écuelle et repartit.

Le rusé s’empressa,

Il ne ressentait plus ni fatigue ni mal, il était miraculeusement guérit.

Il sauta agilement devant l’entrée. 

Il frappa une pierre qui referma le terrier.

Il rit aux éclats. Il avait à manger !

Heureux, il se dandina devant le banquet.

 

Le petit chien se dépêchait, 

Il remplit le récipient dans l’étang

Puis revint vers le terrier.

Mais il ne vit qu’une pierre barrant le chemin.

Il appela le chat, s’inquiétant.

L’ingénu tenta de déplacer la pierre et sauver l’ancien.

Puis il entendit…

Un rire de dément.

C’était le chat qui se riait de lui.

Il lui avait menti ! Il frappa à l’entrée, en enrageant :.

“Vieux chat ! Dégage le passage !”

“Jamais !”

“Je ne serais pas fâché !”

“Je le sais, tu es un petit bien sage.”

 

Le petit chien s’assit et baissa la tête. Puis il se rappela :

“L’enseignement de ses parents !

Il était fils de chasseur ! Ce n’est pas une pierre qui l’arrêtera !”

Il cherche une idée et vit une branche, il avait un plan !

Le petit chasseur se servit de la branche et fit levier et la pierre libéra l’entrée.

Il sauta à l’intérieur et vit le chat qui s’empiffrait.

Il releva sa tête triangulaire et ses yeux s'écartèrent de surprise et de peur.

Le chasseur n’attendit pas et s’élança vers le chacripan. 

Ce dernier décampa sur le champ, 

En hurlant de terreur.

 

Le petit chien ne s’y fit pas prendre.

Il se précipita sur lui prêt à saisir l’un de ses membres.

Le chat terrifié suppliait.

Mais aucune pitié n'arrêtera le chasseur.

Le vieux rusé le savait.

Sa seule issue était de fuir, il ne lui ferait aucune faveur.

Malgré ses blessures, il ne ralentissait pas.

La peur des canines plantées dans sa chair, 

Suffisait à lui rappeler sa misère

Si le chasseur arrivait à l’attraper, il en ferait un délicieux repas.

 

Le chat essayait de semer le jeune en furie,

Mais aucune de ces astuces ne semblait le berner. 

Se cacher, nager, sauter dans les champs de blé…

Rien n’y faisait. Le chasseur avait la truffe aguerrie.

Il était jeune et avait bien plus d’énergie,

Le vieux savait que sur la durée, 

il serait le perdant.

Une échappée lui vint à l’esprit

Il venait de discerner les arbres ! Là-bas chasseur et chassé étaient en danger.

C’était un pari risqué. Mais mieux valait ça à ses grandes dents.

 

Le chat bifurqua et se faufila entre les géants épineux.

Le chien l’avait presque rattrapé mais pila à l’entrée.

Le chassé n’attendit pas et ni une ni deux,

Il fila entre les hautes herbes. Le chien était paniqué.

Le petit ne devrait pas être là !

Il était bien au-delà des limites de chez lui.

La peur le figea.

Ses yeux passaient d’un arbre à l’autre, sa truffe tremblait.

Il resta stupéfait, figé sur place. Il aurait pu rester ainsi jusqu’à la nuit.

Qu’il regrettait d’être parti ! 

A présent, il était perdu. Seul au milieu de nul part à regretter sa patrie.

Le chat s’était bien gaussé 

Il l’avait Mené  par le nez !

Et lui l’avait suivi et même envié !

Ce n’était qu’un menteur ! Il n’avait aucune dignité !

Le jeune canidé se le jura :

Il ne se ferait plus mener ainsi.

Ni par un chat, ni par un autre. Il ne se fierait qu’aux siens. Maudit chat !

Maudit lieu, maudit désir d’aventure, maudit ennui !

C’était de leurs fautes à chacun d’eux.

Mais il apprendrait de cet événement et ne se ferait plus berner, le malheureux.

Il aurait pû rester là à pester,

Énervé et frustré. 

Si un cri n’avait pas déchiré les cieux.

Le petit ingénu reprit ses esprits et écarquilla bien les yeux.

Un autre cri suivit,

Apeuré, il avança en suivant les hurlements. 

Il se faisait de plus en plus puissant.

Le chien chercha, chercha et resta ahuri.

 

Le spectacle devant lui…

Je ne sais pas de quel manière le décrire

Sans être traiter d 'affabulateur en train de mentir.

Je suis le narrateur ! Je ne mentirai pas sur le récit !

Je demande à mes lecteurs de garder cela à l’esprit.

Ce que je vais dire n’est que vérité.

C’est ainsi que cela c’est passé.

 

Face à l’ingénu,

Un étrange renard au visage défiguré par le malheur..

Un grand malheur semblait s’être abattu.

Le chien hésita. Ses parents lui avaient dit de se méfier.

Mais la bête lui fit tant pitié. Que malgré sa stupeur,

Il décida de lui parler :

“Que t’arrive-t-il ?” Murmura le chien.

Le renard prit par surprise sursauta et la peur se lut sur ses traits.

“Ne crains rien” Repris le chien. “Je ne te ferai rien.”

Le pauvre animal en resta muet,

Puis il lui dit : “Un malheur terrible” Il se remit à pleurer.

“J’ai un petit, un si beau petit…” Le reste fut intelligible tellement il pleurnichait.

Le jeune canidé fit quelques pas et mit sa patte sur l’épaule du malheureux. 

Il lui caressa gentiment le pelage tel que sa mère lui faisait.

Cela apaisa le parent qui se calma quelque peu.

 

Il essuya sa truffe et même si ses larmes ruisselaient,

Le renard put reprendre : “J’ai un petit. Il est vaillant et j’en suis si fier.

Il marchait devant juste de quelques pas. Il était un peu téméraire.

Mais il respectait ce que je disais.

Il n’est qu’un petit et ne sait pas qu’elle baie peut se manger.

Je lui apprends la vie ici. Les règles qu’il faut suivre.

Ne pas manger de baies vertes, de bien regarder avant de traverser…

“Il les apprenait, petit vaillant, car demain c’est lui qui devra instruire.

Je lui disais sans cesse : il faut être prudent !

Avancer lentement et tâter le terrain. Car un pas imprudent…

Peut tuer à chaque instant.

Il me disait : “Je suis attentif, papa ! J’ai appris du plus intelligent !”

J’étais si fier de lui. Vif qu’il est.

C’est ma faute. Je le sais. J'aurais dû le garder plus prêt.

Mais il s’amusait et riait. Je n’ai pas été assez méfiant…

J'aurais dû être à sa place. Marcher devant”

Le renard émit un râle et ses larmes reprirent de plus belle.

Il semblait accablé. Mais le jeune chien ne saisissait pas.

“Tu as perdu le petit ? Il ne réagit pas à l’appel ?”

“Il n’est pas perdu…” gémit le pauvre papa.

Cela perdit davantage le candide. Il n’était pas…

“Brave petit, sage petit” pleurait le renard désespéré.

Cela dura plusieurs minutes. La pauvre bête était facile à prendre en pitié.

Le jeune chien désarmé resta assis là.

Penaud et perdu. Mais il savait qu’il fallait mieux attendre que le renard reprenne.

Après bien des minutes, les épaules cessèrent de s’agiter. 

Le renard reprit dans un murmure : “J’aurai dû lui demander qu’il revienne.”

Rien ne se serait passé…

J’ai eu beau demander au cerf, au blaireau et même au sanglier.

Aucun ne veut aider le vilain renard.

Il pense que c’est un autre de mes traquenards.

C’est dans ma nature d’être espiègle. Je ne suis pas mauvais.”

“Je peux peut-être t’aider ?” 

“Tu le ferais ?” L’animal plissa les yeux. 

Il sembla instantanément suspicieux.

“Tu ne chercherais pas à me duper ?”

“Te duper ? Qu’est ce que j’en tirerai ? Je ne gagnerai rien à te mentir.

Mais il faut que tu me dises ce qu’il est arrivé…”

Le renard fut pensif quelques instants puis déclara :

“Il est arrivé la pire tragédie qui puisse advenir.

Le cauchemar de chaque parents vivant ici. Il a glissé.”

Le chien se pétrifia.

“ Qu’est ce que tu veux dire ?”

“Il a glissé dans un piège de chasseur.

C’est un malheur !

C’est trépasser en étant vivant. C’est dépérir…

Impuissant, tu ne peux qu’attendre dans le silence…

Accepter que rien ne te sauvera. Que l’inéluctable va t’écraser de sa puissance.

Que dans quelques heures tu l’entendras.

Le cri qui lance la chasse.

La terre tremblera.

Les bêtes déchaînées, avides de sang en première ligne. Humant la surface.

Leurs maîtres les suivant de près avec leurs armes brillantes.

Dans ta crevasse, tu sais ce qui arrive. Elle arrive, la fin pétrifiante.

Tu sais que chaque instant est le dernier.

Car les bêtes arrivent déjà et encerclent ta cellule. Ils ne cessent de japper.

C’est dans ce capharnaüm que tu vas crever.

Tu seras dépecé : ta tête placée sur un mur, ta peau devant la cheminée…

Et ta queue, le panache de ta fierté finira entre les dents de leurs chiens !

Maintenant tu sais. Il n’a pas périt mais le glas à déjà retentit.

La fin vient le chercher, il est cuit.

Chanter par les tiens !”

 

Le jeune chien recula, le renard ne l’avait même pas effleuré.

Mais ses dire l’avait frapper.

Il en resta hébété.

Il ne savait plus parler.

Il vacilla mais quand il pensait s’écraser à terre. Le renard le rattrapa.

“J’ai dû t’effrayer.” lui dit la bête. “Ne m’en veut pas.”

Le chien remua la tête : “Ce n’est pas le cas !”

“Je sais que tu as mal. Et que tu as peur.” Le renard le remercia.

Était-ce sa candeur ? Etait-ce sa simplicité ?

Le renard ne saurait le dire. Mais cela acheva de le persuader.

Ce petit chien n’était pas devenu un tueur tel que ses pairs.

Il avait l’esprit pur. Ce petit était animé par une âme téméraire.

 

Le renard accepta l’aide du chien de chasseur.

Ce n’était qu’un petit, ses babines n’avait pas semé le malheur.

“Il faut aller par là” Indiqua le renard en reniflant.

L’étrange paire, bien plus que ne l'était la première,

Se mit en marche. Le renard restait méfiant.

Il jetait des regards en pensant ne pas être vu. 

C’est ce que pensait le petit canidé, il ne savait pas ! Quelle misère !

Car le renard avait bien des secrets et des farces à faire aux plus ingénus.

Mais à l’instant, il n’était qu’un pauvre père submergé.

Le renard leur fit faire des zigzags afin d’éviter les embûches.

Cela rendait le chemin interminable mais mieux valait cela que de finir blesser.

C’était l’avis du renard qui évita au jeune chien de perdre une paluche.

En marchant, l’ingénu avait le temps d’admirer les arbres et les fleurs.

Cette nature sauvage lui était inédite. Il aurait aimé s’attarder mais ils étaient pressés.

Ils marchèrent, marchèrent, marchèrent et cela pendant des heures.

L’ingénu finit par penser que le renard s’était perdu.

Mais en franchissant un petit ruisseau, le renard s’exclama : “ça y est !”

Ils arrivèrent dans une clairière. La lumière, sur le déclin, ne transperçait plus.

L’air était sec et les lieux silencieux.

Aucun piaf ne chantait même le vent ne parlait plus. Le jeune chien se sentit anxieux. 

Le renard avança sans crainte. Mais l’instinct du petit hurlait qu’il était un intrus.

Le fils de chasseur ne devrait pas être ici,

Dans cette clairière, à marcher derrière un renard. C’était l’inverse de ce qu’il avait appris.

 

Le renard le regarda, la tête penché :

“Qu’est ce que tu as ?”

“Je ne devrais pas être là”

“Tu ne veux plus m’aider ?”

“Ce n’est pas ce que je dis.”

“Il est près d’ici !” 

Le renard sembla désemparé.

Le jeune chien était effrayé.

Mais il s’était engagé et il devait l’aider.

 

Ils reprirent leur chemin. Le petit canidé était aux aguets,

Il sentait que ça n’allait pas mais il n’était pas en mesure de deviner.

Juste à la limite de la clairière, le renard s’arrêta.

“Il est juste là !”

Juste après l’espace éclairé, à quelques mètres à peine,

Serpentait un petit passage, entre deux arbustes épineux,

Le petit chien se redressa et tenta de distinguer la cavité

Il aurait préféré rester dans la petite plaine,

Mais le renard insistait, ils avancèrent quittant l’espace lumineux.

“Tu es sûr que c’est ici ?

Je n’entends pas un bruit.”

Le renard était quelque peu inquiet :

“Malheur ! A-t-il été emmené ?

Peut-être est-il blessé ?

Vite ! Il faut le sauver !”

 

Le renard se précipita malgré le cri du petit chien :

“Attends ! C’est dangereux !” 

Le petit chasseur le suivit et l’attrapa par la queue.

“Arrête ! Il faut être prudent ! Je vérifie qu’il n’y a rien.”

Le renard parut énervé mais le laissa humer l’air et regarder.

“Bien, je ne pense pas qu’il ait été emmené.”

Le renard leva les yeux au ciel. 

Ils atteignirent le cratère. Il n’était clairement pas naturel.

Un vaste creux circulaire en partie caché par des branches.

Le renard s’avança jusqu’à la limite franche.

“Viens vite ! Il est là !”

Le chien vint à lui et regarda.

 

Rien. 

De rien.

Vraiment rien.

Précisément rien.

 

Le chien regarda le gredin, 

Qui éclata d’un rire malsain.

“Quel naïf tu fais !”

Le renard se marrait.

 

Puis d’un geste brusque, le balança dans le vide.

Le petit chien tenta de se retenir, en vain.

Le renard, au regard perfide,

Était très fier. s’était lui le plus malin !

 

Le pauvre petit chien se mit à pleurer :

“Mais que t’ai-je fait ?”

“Rien de particulier.

Je l’admets.

C’est à ta race que j’en veux.

A tes parents et aux leurs !

Des massacreurs, des tueurs !

Ici et maintenant, je me venge de chacun d’eux !”

Le renard reparti dans un rire malfaisant.

Il recula puis disparut ne laissant que le pauvre enfant.

 

Maintenant lecteur, tu sais ce qu’il advient.

Aux petits curieux qui, à l’image du petit chien,

Se fient aux premier malandrin.

Il faut sans cesse se rappeler ceci :

Se méfier des autres car leur système de valeur n’équivaut pas le tien.

Et qu’il est capital de se fier à l’instinct !

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